Déminer le vrai du faux sur l'éolien

Ce Vrai-Faux va vous aider à décoder les idées reçues sur l’éolien et à vous forger un avis sur le sujet !

1. Les éoliennes sont bruyantes 

FAUX

Les éoliennes émettent un bruit de fond, principalement des basses fréquences entre 20 Hz et 100 Hz. Ce bruit est dû à des vibrations mécaniques entre les composants de l’éolienne, au souffle du vent dans les pales et à la compression de l'air au moment où les pales passent devant le mât. À 500 mètres de distance, distance minimale entre une éolienne et une habitation, il est généralement inférieur à 35 décibels : c’est moins qu’une conversation à voix basse. La réglementation en vigueur impose de ne pas dépasser le niveau sonore ambiant (bruit mesuré avant l'implantation des éoliennes), de 3dB la nuit et 5dB la journée. La législation française est la plus stricte d'Europe sur ce point.

2. Les éoliennes ne tournent pas tout le temps

VRAI

Les éoliennes fonctionnent en moyenne 80 % du temps pour des vitesses comprises entre 15 km/h et 90 km/h. En revanche, sur ces 80 % du temps l’éolienne ne tourne pas forcément à pleine puissance, en fonction du régime de vent. Ramené à une année complète, l’équivalent de production à pleine puissance (aussi appelé facteur de charge) est en moyenne d’environ 24 % sur le parc français. L’éolienne est à l’arrêt lorsque le vent est trop faible (inférieur à 15 km/h), trop fort (supérieur à 90 km/h) ou lors des opérations de maintenance. Les données des parcs éoliens sont récupérées en temps réel, ce qui permet de détecter efficacement les éventuels dysfonctionnements. Garantir un niveau de facteur de charge moyen proche de 24 % est un des paramètres importants de la rentabilité d’un projet. De plus, même si l’énergie du vent est variable, elle est prévisible à court terme grâce à l’utilisation des données météorologiques.

3. Les éoliennes ont un effet sur la biodiversité

VRAI et FAUX

Pour qu’un projet éolien se concrétise, le dossier d’études d’impacts doit démontrer que le projet à un impact minimum sur la faune et la flore.  Les études sur la faune et la flore, réalisées par un bureau indépendant, permettent d’identifier l’ensemble des espèces présentes sur un site ainsi que les potentiels enjeux liés à l’implantation d’un parc éolien. Les projets éoliens s’appuient sur une démarche ERC (Éviter Réduire Compenser) pour limiter le plus possible l’impact sur la faune et la flore. Les éoliennes seront notamment implantées de façon à éviter un couloir migratoire par exemple. Lorsqu’il n’est pas possible d’éviter l’impact, cet impact doit être réduit. À titre d’exemple, un bridage ciblé des éoliennes peut être mis en place. Lorsque, malgré les efforts, il n’est pas envisageable d’éviter ou de réduire l’impact, l’idée va être de chercher à compenser cet impact résiduel par des actions bénéfiques pour la biodiversité (installation de gîtes artificiels ou reboisement).

4. Les éoliennes ne sont pas recyclées

FAUX

90 % de la masse d’une éolienne en fin de vie sont recyclables (source : ADEME Impacts environnementaux de l’éolien français). Le béton et l’acier, qui composent majoritairement une éolienne, sont entièrement recyclables. La fibre de verre (ou de carbone) des pales, qui représente un faible pourcentage de la masse de l’éolienne, est incinérée avec récupération de chaleur. Des recherches sont en cours pour le recyclage de ce matériau composite. Un projet de décret devrait imposer le recyclage des pales dès 2023.

5.  Les éoliennes ont une espérance de vie de 15 ans

FAUX

La plupart des installations sont certifiées pour 20 ans minimum. Actuellement, il n’est pas rare que les certifications des turbiniers assurant la disponibilité des pièces de rechange soient rallongées jusqu’à 25 ans. Si l'éolienne ne rencontre aucun problème au delà des 25 ans, elle peut rester en place jusqu'à 40 ans, comme le bail emphytéotique prévu avec le propriétaire du terrain pour son installation. Une fois cette durée écoulée, deux options sont possibles : le démantèlement (enlèvement des machines et d’une partie des fondations), ou le repowering (remplacer les éoliennes obsolètes par de nouvelles). Les deux options sont étudiées au cas par cas pour chaque site.

6. Le béton reste dans le sol après le démantèlement

VRAI et FAUX

La profondeur de béton enlevée lors du démantèlement dépend de la zone sur laquelle est implantée l’éolienne. Cette profondeur est de :  
- 1 mètre minimum sur une parcelle agricole,
- 2 mètres sur une zone forestière.
Les fondations des éoliennes s’étendent jusque 4 m de profondeur. Certains exploitants de parcs éoliens s’engagent à aller au-delà de l’obligation légale et à retirer entièrement la couche de béton.

De plus, la filière et l'Etat sont également en discussion pour rendre obligatoire le retrait total de la fondation.

7. L'électricité produite ira dans les communes du projet 

VRAI et FAUX

L'électricité produite est injectée sur le réseau électrique, au niveau du point de raccordement. Il s'agit d’un poste source de distribution qui permettra d’alimenter les foyers de consommation à proximité ou bien d'élever la tension et de transporter l'électricité plus loin via les lignes hautes tension.

8. Les éoliennes ne peuvent pas s'arrêter en cas d'urgence

FAUX

Dans chaque machine, il existe un bouton d’arrêt d’urgence qui permet de la stopper immédiatement. L’arrêt peut également être déclenché à distance depuis le centre de maintenance dans le cas de conditions météorologiques extrêmes par exemple.

9. Le démantèlement est à la charge des propriétaires

FAUX 

Le démantèlement fait partie des engagements contractuels de la société d'exploitation du parc éolien. Une clause est incluse à cet effet dans les baux emphytéotiques et concerne tous les éléments du parc : machine, fondation, accès câble, en vue de l’obligation de retour à l’Etat initial tel que prévu par le Code de l’Environnement.​

​Une fois l’exploitation achevée, la réglementation précise que l’exploitant d’une éolienne est responsable de son démantèlement et de la remise en état du site. Cette remise en état comprend :​

  • l’enlèvement de la machine​

  • les chemins d’accès créés éventuellement​

  • le traitement des fondations (entre 2,5 et 3 mètres de profondeur, et un diamètre d’environ 20 mètres.)

Pour rappel, la réglementation stipule que la fondation d’une éolienne doit être enlevée sur une profondeur minimale de 1 mètre pour les terrains à usage agricole.​

En cas de défaillance de la société d'exploitation, le Préfet dispose des provisions financières faites par l'exploitant du parc éolien au moment de la construction du parc pour pouvoir payer son démantèlement. En aucun cas, le démantèlement ne peut être à la charge du propriétaire, de l’exploitant agricole, du contribuable ou de la commune.​

10. Les éoliennes ne sont pas protégées de la foudre

FAUX

Un système de pastilles métalliques en bout de pales reliées à des câbles internes permet à la foudre de parcourir l’éolienne, tout comme les paratonnerres situés sur les églises.